Vers accueil A Propos d Hynose MetaphoreL'Auto-hypnose

 


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Introduction

L'importance prise par le fonctionnement psychique de l'hypnotisé au détriment des phénomènes observables entraîne un réajustement des rôles de l'hypnotiseur et de l'hypnotisé. Les procédés d'induction aident le sujet à fonctionner hypnotiquement et le rôle de l'hypnotiseur diminue au profit des mécanismes psychologiques internes mis en oeuvre par l'hypnotisé. Cette tendance aboutit aux techniques d'auto-hypnose. Nous ne décrirons ici que la plus célèbre d'entre elles: Le training autogène de Schultz.
Bibliographie:

SCHULTZ J.H. -(1932)- Le Training Autogène . Méthode de Relaxation par Auto-décontraction Concentrative. (Adaptation française sous la direction de R. Durand de Bousingen). PUF, 11ème édition, 1991 .

Les fondements théoriques

Les premiers travaux sur la possibilité d'obtenir des états hypnotiques par une action volontaire et personnelle remontent à la fin du XIX ème siècle. Oscar Vogt , dans la mouvance de l'école de Nancy , signalait les premiers cas d'auto-hypnose. J.H. Schultz poursuit ce travail avec l'objectif d'obtenir un état particulier de conscience, débarrassé des artefacts induits par les protocoles d'hypnotisme. Il s'agit d'obtenir une hypnose pure sans que n'intervienne la suggestion. Il oppose sa méthode à la technique d'auto-suggestion d' Emile Coué . Nous retrouvons l'opposition entre les partisans d'un "tout est suggestion" et ceux qui estiment qu'au-delà de celle-ci, il existe un état psychique particulier, définissant l'essence du phénomène hypnotique.

Une méthode d'auto-hypnose efficace doit permettre au sujet de retrouver les manifestations subjectives qui apparaissent dans l'état hypnotique.

Schultz cite l'auto-observation d'un état hypnotique de Bleuler pour en extraire les principales caractéristiques. Nous la retranscrivons ici car elle décrit avec précision le vécu subjectif hypnotique:

"Après plusieurs essais vains et infructueux avec diverses méthodes (même celle de Hansen), mon ami, le Pr. von Speyer, réussit à me faire entrer dans un sommeil hypnotique à l'aide de la méthode de Liébeault (suggestions verbales et fixation).
"A mon grand étonnement, cet état ne me fatigua point. Mes yeux demeurèrent grands ouverts sans effort et sans clignement des paupières. Une sensation agréable de chaleur me traversa de la tête aux pieds. Ce n'est qu'à la suite de quelques suggestions verbales (les yeux se ferment d'eux-mêmes), que je ressentis le besoin de baisser les paupières. J'eus le sentiment qu'auparavant la chose ne m'eût été possible qu'avec effort. Ce besoin était ressenti comme une nécessité rappelant l'assoupissement rapide1 au cours d'une grande fatigue. L'induction à l'hypnose avait duré environ 1 minute.
"J'étais dans un état de calme rassurant. Je remarquais également que je ne ressentais aucun besoin de modifier une attitude qui à la longue, m'eût paru inconfortable. Je me sentais psychiquement lucide et capable de m'observer. Mon hypnotiseur put d'ailleurs confirmer l'objectivité de tout ce que je relatais ultérieurement. Les suggestions qui suivirent n'influencèrent pas ma pensée consciente de façon différente, que s'il se fût agit d'un état de veille. Elles se réalisèrent cependant pour la plupart. Je n'accordais aucune attention particulière à mon hypnotiseur, étant concentré sur moi-même.
"Mon ami souleva mon avant-bras à la verticale en me suggérant l'impossibilité de le baisser. Immédiatement après je réussis à le baisser, mais l'expérimentateur empêcha l'exécution complète du mouvement par une légère pression de sa main accompagnée d'une nouvelle suggestion. Je ressentis alors une contraction tout à fait involontaire de mon biceps à l'essai de flexion. Voulant alors faire un plus grand effort de volonté, la contraction des fléchisseurs devînt si énergique, qu'elle aboutit à une flexion de l'avant-bras sur le bras alors que je recherchais une extension. Etc.
Schultz Le Training autogène

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Schultz étudie à partir de récits de transes les modifications constantes retrouvées dans le vécu hypnotique. Il veut dépasser le dualisme du psychologique et du physiologique. L'état psychologique de l'hypnotisé est résumé comme étant une déconnexion concentrative. La déconnexion est sensorielle et le sujet réagit moins aux différents stimuli externes pour se concentrer sur les stimuli internes. L'occlusion des yeux est pour Schultz un des mécanismes essentiels de ce processus. Le corollaire de cet état psychologique est l'importance des modifications cénesthésiques. Il isole deux sensations spécifiques: l'expérience de pesanteur et de chaleur. Il considère certaines modifications physiologiques comme spécifiques de l'état de déconnexion concentrative. Il s'agit avant tout des phénomènes vasomoteurs dans le sens d'une vasodilatation et des phénomènes neuro-musculaires dans le sens d'une diminution du tonus. Pour appuyer son hypothèse, il reprend la comparaison avec le sommeil étayée par les travaux de Pavlov.

La technique

La méthode de Schultz reprend logiquement ses hypothèses théoriques. Elle constitue un apprentissage progressif amenant le sujet vers une "concentration intériorisante."

Les principaux points sont une relative isolation sensorielle, l'obtention d'un calme psychique, puis l'apparition d'une sensation de pesanteur (d'abord limitée à un bras), et enfin l'apparition d'une sensation de chaleur.

L'isolation sensorielle nécessite un lieu calme, silencieux, une température de la pièce ni trop chaude ni trop froide, la fermeture volontaire des yeux et une position confortable du corps, diminuant dans la mesure du possible les tensions musculaires.

Pour l'induction au calme, le sujet répète intérieurement la formule "je suis tout à fait calme". Puis il travaillera sur l'apparition de la pesanteur, en commençant par un bras, pour la laisser ensuite se généraliser à l'ensemble de son corps. Il se répétera intérieurement "le bras est tout lourd".

Il existe toute une gradation des exercices permettant d'obtenir dans le cycle supérieur des phénomènes de visualisation et d'autres phénomènes psychologiques complexes.

Toujours la même erreur

Le training autogène de Schultz nous parait reproduire l'erreur classique qui suppose l'existence de phénomènes hypnotiques spécifiques. Cette méthode démontre la possibilité pour un sujet de développer seul une gamme de réponses hypnotiques. Ce résultat est important et il confirme la nécessité de tenir compte des modifications subjectives pour comprendre l'hypnose.
Seulement Schultz insiste sur deux phénomènes, la chaleur et la pesanteur . Il est très facile de démontrer par des contre-exemples que ses deux faits n'ont pas un caractère obligatoire et nécessaire dans les états hypnotiques ou auto-hypnotiques. Contrairement à ce qu'il affirme sa méthode reste une technique d'auto-suggestion et elle rend obligatoire des phénomènes qui ne sont que facultatifs.

Dans le récit de la transe de Bleuler, Schultz retient la description du calme, la concentration sur soi et l'apparition d'une sensation de chaleur traversant le corps de la tête aux pieds. Il pense avoir ainsi isolé le noyau constant des phénomènes hypnotiques. Les arguments physiologiques comme sa comparaison du sommeil physiologique et l'hypnose ne sont pas suffisamment fiables. Par contre, il existe d'authentiques transes hypnotiques, avec des sensations d'angoisse, des contractions musculaires et des bras rigides et froids.

1994 - mars 1999 - © Serge Delègue

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