Charcot et l'Ecole de la Salpêtrière.

 


 

Jean Martin Charcot (1825-1893)

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Généralités

Cette école va assimiler l' hystérie et l'hypnose . Tous les signes cliniques de l'hystérie sont aussi ceux de l'hypnose, et seule l'étiologie, spontanée ou provoquée artificiellement, permet de les séparer .
L'étude de l'une fait avancer la connaissance de l'autre, et si Charcot a étudié l'hypnose, c'est sans doute parce qu'il pensait trouver en elle le moyen de provoquer une hystérie artificielle et expérimentale.

Les techniques d'induction

L'hypnose est provoquée par des agents physiques et divers stimuli, c'est une réaction physique normale chez des personnes possédant une sensibilité hypnotique, et qui sont toutes hystériques. A ce titre l'hypnose peut être considérée comme un test diagnostic.

L'école de la Salpêtrière s'oppose à celle de Nancy (avec Bernheim et Liébault ). Pour les premiers l'hypnose est une réponse neurophysiologique survenant chez les hystériques, alors que pour les seconds, elle survient chez la plupart des sujets, en réponse à un stimulus psychologique: la suggestion.

Les techniques d'induction hypnotiques rappellent les moyens utilisés par les magnétiseurs.
Les actions hypnogènes sont très nombreuses: la lumière vive, les bruits intenses et brutaux qui surprennent, la fixation du regard, la pression des globes oculaires, les vibrations du diapason appliquées sur le crâne, la pression de certains muscles et de certains tendons, les passes, etc.

Il existe dans le corps des zones hypnogènes dont la pression déclenche un état hypnotique tout comme il existe des zones hystérogènes dont la pression déclenche une attaque d'hystérie. Ces zones sont variables selon les individus mais certaines sont volontiers retrouvées: les points ovariens, les zones érogènes, les globes oculaires.

L'état hypnotique

Il est décrit sur le modèle de l'hystérie , avec un souci du détail quant aux signes neurologiques et objectifs.

Il y a deux types d'états hypnotiques: le grand et le petit. Charcot et ses élèves privilégient le grand hypnotisme pour leurs descriptions car les signes cliniques y sont accentués et beaucoup plus nets.

Le grand hypnotisme

Le grand hypnotisme présente trois stades successifs: la léthargie, la catalepsie et le somnambulisme . Chacun de ces stades correspond à une plus grande profondeur d'état hypnotique et est provoqué par des techniques spécifiques.
Le stade léthargique peut être obtenu par la compression du globe oculaire.
Pour passer au stade cataleptique, il suffit alors d'entrouvrir les paupières du sujet. L'ouverture d'une seule paupière, provoque une hémi-catalepsie homolatérale.
La friction du vertex chez un sujet en état léthargique ou cataleptique déclenche l'état somnambulique.

L'état léthargique

Il se caractérise par l'occlusion des paupières, l'hypotonie des muscles et une vivacité des réflexes ostéo-tendineux. La percussion du crâne peut déclencher un mouvement des membres contro-latéraux.

La catalepsie

La catalepsie comporte une immobilité du sujet avec une hypertonie musculaire particulière lui permettant de conserver les positions données à ses membres. Il y a une abolition des réflexes ostéo-tendineux, une disparition de la volonté psychique et physique avec une grande suggestibilité, et la possibilité de provoquer des hallucinations. Le sujet garde les yeux ouverts.

L'état somnambulique

Il comporte peu de signes neuro-musculaires. Il est caractérisé par une hyperesthésie et on y retrouve des facultés nouvelles, comme dans les théories magnétiques. Une anesthésie à la douleur contraste avec une audition accrue, une très grande sensibilité aux odeurs et une hypermnésie Les hallucinations visuelles sont particulièrement intenses et précises. Le sujet est actif, et il exprime des sentiments variés avec une mimique particulièrement expressive. Il est sensible aux suggestions et aux injonctions du médecin,

"le somnambule [...] n'est plus une simple machine. C'est l'esclave de la volonté d'un autre, le véritable sujet de l'opérateur. Son automatisme est fait de servitude et d'obéissance"
Richer in BERCHERIE P.La Genèse des Concepts Freudiens. Navarin Editeurs, 1983.

Le petit hypnotisme

Quoique plus répandu, il est considéré sans intérêt scientifique. Il a peu de caractères somatiques fixes et il se rapproche du sommeil naturel . Il est classique de penser que ce petit hypnotisme ressemble beaucoup plus à l'hypnose moderne et que son absence d'intérêt soit, au moins en partie, à l'origine de l'aspect très particulier de l'hypnose de la Salpétrière.

1994 - mars 1999

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